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Article mis en ligne le 04/06/2013.

La dermite estivale recidivante

La dermite estivale récidivante des équidés est la dermatose la plus fréquente des équidés encore appelée "ardeur", "ceron" ou "gratte". Elle touche tous les équidés, chevaux, ânes et poneys. Certaines familles semblent prédisposées. Elle se caractérise par des démangeaisons importantes localisées la plupart du temps le long de la crinière, à la base de la queue et sur toute la ligne du dos.

Les démangeaisons sont dues à une réaction allergique aux piqûres d'insectes, en particulier un petit moustique, le "Culicoïdes", appelé vulgairement "bibet". C'est bien la réaction allergique et non la piqûre elle même qui engendre la démangeaison, c'est pourquoi certains chevaux au sein d'un troupeau vont être atteints alors que d'autres, soumis aux mêmes insectes ne vont pas présenter de symptômes.  Ces insectes sont particulièrement nombreux aux abords des zones humides et sont actifs surtout en été, c'est pourquoi les symptômes réapparaissent tous les ans au printemps après une période d'accalmie hivernale. En général les premiers symptômes apparaissent entre 2 et 6 ans et s'aggravent d'année en année.

Les symptômes

Dans les stades précoces, on peut noter des papules (petits boutons) associées à des poils hérissés, de la douleur, des démangeaisons intenses. Les démangeaisons entraînent l'apparition de squames et de croûtes suintantes de plus en plus nombreuses. Dans les formes chroniques la peau est dépilée et cartonnée, les surinfections sont fréquentes. Les zones atteintes sont principalement l'encolure sous la crinière, la base de la queue et plus généralement la ligne du dos.

Le diagnostic

Il repose sur la constatation des lésions qui sont très caractéristiques ainsi que sur le recueil des commémoratifs qui sont également très explicites pour le vétérinaire. Des examens complémentaires plus invasifs sont rarement nécessaires.

Traitement

Comme toute maladie allergique, le traitement repose avant tout sur l'éviction de l'allergène : il faut donc empêcher le cheval atteint d'être exposé aux insectes. Plusieurs solutions s'offrent alors aux propriétaires de ces chevaux : mettre les chevaux au box avec des moustiquaires sur les ouvertures notamment lors des périodes d'activités principales des culicoÏdes à savoir dans les 3 heures après le lever du jour et entre 19 et 22 heures le soir. Il existe également des couvertures légères qui protègent la peau des chevaux des piqûres, toutefois la couverture doit impérativement remonter jusqu'aux oreilles pour protéger l'encolure.

Dans la mesure du possible il est intéressant de supprimer les zones humides ou de déplacer les chevaux atteints dans des zones moins exposées aux culicoïdes.

Il existe également des répulsifs de plus en plus efficace qui permettent de limiter les piqûres et la réaction allergique qui en découle. Toutefois, chez le cheval, ces produits doivent être appliqués très régulièrement pour être efficace car la sudation importante dans cette espèce entraîne l'élimination rapide des principes actifs déposés sur la peau.

En complément, il existe plusieurs lotions ou shampooings à appliquer sur les lésions que le cheval se crée en se grattant. Ces produits soulagent temporairement le cheval mais ne suppriment pas la cause primaire à savoir les piqûres d'insectes.

Les corticoides sont à éviter chez le cheval car ils ont des effets secondaires qui peuvent être catastrophiques et ils ne sont donc utilisés qu'en dernier recours.

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